ATELIER DE RENFORCEMENT DES CAPACITES DES AVOCATS EN MATIERE DE LUTTE CONTRE LA TRAITE DES PERSONNES : ECHANGER SUR LA STRUCTURE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNELLE RELATIVE A LA TRAITE DES PERSONNES

Le Directeur de Cabinet du ministre en charge de la justice, M. Mamane Chaibou a présidé hier matin, au Palais des Congrès de Niamey, la cérémonie d'ouverture de l'atelier de formation des avocats sur la traite des personnes. Cet atelier organisé par l'Ordre des Avocats du Niger, a été financé par l'Office du Haut Commissariat aux Droit de l'Homme, en partenariat avec l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), et la Coordination du Système des Nations Unies.

Les participants à l'atelier que sont Avocats, Policiers, Gendarmes et Gardes Nationales échangeront durant trois (3) jours sur les concepts de la traite des personnes, ses caractéristiques, ses manifestations, ainsi que sur le cadre juridique et institutionnel relatif au sujet et également sur les techniques de formation.

Dans le discours qu'il a prononcé à l'ouverture des travaux de cet atelier, M. Mamane Chaibou a d'abord souligné que le Président de la République SEM Issoufou Mahamadou a affirmé dans son discours du 3 Août 2011 que, «la constitution du Niger de la 7ème République proclame la liberté et l'égalité, deux valeurs sœurs sans lesquelles aucune société ne saurait assurer durablement sa cohésion et son unité, ainsi que son développement économique et social. Malheureusement, en violation de ces droits fondamentaux, certaines pratiques comme l'esclavage domestique, la prostitution des jeunes filles, la mendicité des enfants à des fins d'exploitation, existent encore dans notre pays. La lutte contre ces pratiques sera un autre grand chantier du gouvernement. Désormais des enquêtes sur ces trafics humains seront entreprises et les structures de lutte contre la traite des personnes, notamment l'Agence Nationale Créée à cet effet, seront dynamisées.

Les contrevenants aux lois interdisant ces pratiques seront sévèrement punis ». Selon M. Mamane Chaibou, conformément à ces instructions pertinentes, le gouvernement du Niger a adopté en Conseil des Ministres du 21 mars 2012 deux décrets. Le premier décret détermine l'organisation et les modalités de fonctionnement de la Commission Nationale de Coordination des Activités de Lutte contre la Traite des personnes et le second est relatif à la création, l'organisation et le fonctionnement de l'Agence Nationale de Lutte contre la Traite des Personnes. Il a précisé que la traite des personnes constitue l'une des pires formes de la négation de la dignité humaine. Elle reste dit-il une préoccupation majeure pour la communauté internationale et singulièrement pour les pays en voie de développement.

Il a ajouté que la jeunesse de la population et la proportion de femmes, bien que les hommes n'en sont pas épargnés, constituent une porte d'entrée privilégiée des criminels qui y recourent. Il a ajouté que cette pratique est devenue un phénomène croissant au Niger qui, du fait de sa situation géographique, reste un des principaux pays d'origine, de transit et de destination des victimes de traite. Il a indiqué que le gouvernement s'est engagé résolument à apporter une réponse efficace à ce phénomène, notamment avec des progrès importants dans le domaine de la prévention et de la protection des victimes. Cela se traduit par la ratification de la déclaration de la CEDEAO sur la lutte contre la traite des personnes, du plan d'action conjoint de la CEDEAO /CEEAC et également l'accord de coopération multilatérale intervenu en 2006. Le 16 Décembre 2010, le projet d'ordonnance 2010- relative à la lutte contre la traite des personnes, a été examiné et adopté en conseil des Ministres.

L'objectif de cette ordonnance est de prévenir et combattre ce fléau, en particulier les femmes et les enfants, protéger, soutenir et assister les victimes de traite, en faisant respecter leurs droits fondamentaux etc. Auparavant, le Coordonnateur par Intérim du Système des Nations Unies au Niger, Dr Trande Constant Manzila a annoncé que chaque année dans le monde entier, plusieurs milliers de personnes sont attirées par des fausses promesses de recruteurs et transportées au-delà des frontières à des fins d'exploitations économiques et sexuelles. Leur survie et leur développement sont menacés, ainsi que leurs droits à l'éducation, à la santé et à la protection contre l'exploitation et les abus a-t-il dit. Il a souligné que dans ce combat, la Communauté Internationale a besoin d'artisans engagés, des défenseurs de la cause des droits de l'homme.

Quant à Me Sirfi Ali Maiga, Président de l'Ordre des Avocats du Niger, il a affirmé que l'initiative de cet atelier est la droite ligne des recommandations et directives du rapport 2008 du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme. La traite des personnes est considérée comme la troisième activité illégale la plus importante en termes de profits, après la vente illégale d'armes et de drogue. L'objectif visé à la fin de la rencontre est de dégager une position tenant compte de nos réalités socioculturelles et un cadre juridique national efficient pour lutter contre le phénomène et rendre aux victimes la dignité et le respect dus à toute personne humaine, a-t-il conclu.